Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 11:35

Mais puisque je vous dis que c’était forcément mieux avant !!!

 

Je vous propose de m’accompagner pour un voyage dans le temps, à travers le Petit Colombes.

 

Configuration des lieux :

 

Petite fille, j’allais à l’école Buffon. J’avais 2 possibilités de trajets :

      - remonter le boulevard Charles de Gaulle en longeant un sinistre, interminable,inquiétant et très haut mur de pierres sombres

      - prendre la rue des Côtes d’Auty et passer entre le mur d’enceinte de l’hôpital de Nanterre et celui de la marine, ce qui impliquait de faire attention aux trous de la chaussée déformée, aux flaques d’eau croupie quasi permanentes et surtout aux bouts de verre et aux cadavres de bouteille, laissés là par ceux que l’on nommait « Les Vieux de Nanterre »

 L’aire d’accueil des gens du voyage n’existait pas. A la place s’élevaient 4 (puis 2) cités de transit. Au départ destinées aux travailleurs immigrés venus seuls, ces cités ont assez vite hébergé des familles entières, loin de l’usage premier des locaux. Ces familles sont restées. Les enfants ont grandi dans un environnement de béton, dans des appartements non isolés, non insonorisés. Les travaux restaient superficiels, ces bâtiments étant voués à court terme (sans cesse repoussé) à la destruction. On entend parler aujourd’hui de « zones de non droit ». Ces cités en étaient une. La Police ne s’y aventurait pas, ou alors en force. Et mes petits camarades de l’époque me recommandaient de les attendre dans la rue, sans jamais pénétrer dans cet univers où je n’aurais apparemment pas été la bienvenue.

 

Entre ces cités et le boulevard Charles de Gaulle, perpendiculairement à la rue des Côtes d’Auty et parallèlement à la rue Champy, existait une petite rue (de mémoire la rue Levasseur, à vous confirmer la rue Levanneur). La plupart des maisonnettes étaient d’anciennes cabanes de jardin. De nombreux habitants venaient se fournir en eau à une borne située à l’angle de la rue des Côtes d’Auty. Aucun raccordement au réseau de tout à l’égout. La rue a entièrement été rasée et aujourd’hui se dresse des immeubles, ceux du boulevard Charles de Gaulle, côté impair.

 

Les 4 chemins et leurs commerces …

 

Pour poster notre courrier. Ha … ! Le bureau se situait à l’emplacement de l’actuelle place Aragon, en fait, à quelques dizaines de mètres de celui qui a ouvert ses portes la semaine dernière. Il résidait dans les locaux d’une ancienne école, et la bibliothèque se trouvait au 1er étage. J’ai le souvenir de locaux froids, au sens propre comme au sens figuré. Le souvenir aussi d’attentes interminables … Le fait qu’il fallait choisir une file n’arrangeait pas le sentiment de toujours attendre plus que les autres. Dans mon souvenir, le sol était toujours jonché de bouts de papier, et parfois, quand la chance me souriait, je trouvais une pièce de monnaie (qui récompensait ma patience). Comparativement, même notre ancien bureau de poste qui vient de fermer ses portes m’apparaissait plus accueillant et efficace, comme quoi tout est relatif !

 

Des petits commerces, il y en avait tout le long du boulevard Charles de Gaulle et de la rue Gabriel Péri (alimentation, vêtements, bars, quincaillerie, station service, bars, fleuriste, pharmacien, coiffeurs, bars, etc.). Mieux, moins bien que maintenant ? 
 

La sécurité dans le quartier 

 

Longer l’ancien mur de la marine n’a jamais rien eu de rassurant, et le faible éclairage de l’époque n’améliorait pas les choses. La présence de nombreux bars dans le quartier favorisait les empoignades musclées et alcoolisées. A cette époque, dans la journée, les résidents permanents de l’hospice de Nanterre étaient omniprésents dans les rues, sur les bancs, dans les squares. En parlant de square, celui de Victor Basch n'était déjà pas accueillant. Pas de jeux pour enfants et toujours cet aspect délaissé, même quand les arbres centenaires le verdissaient.

L’école Buffon avait déjà mauvaise réputation : enseignement au rabais, racket des élèves, environnement défavorable. Cela fait tristement sourire de constater les investissements (à tous niveaux) faits sur cette école, et de constater que beaucoup estiment que la situation se dégrade d’année en année.

 

Ainsi était mon quartier, vu par une enfant haute comme 3 pommes. Ce quartier, je l’ai quitté pour voir d’autres horizons. J’ai fait le choix d'y revenir. Aujourd’hui, une autre petite fille haute comme 3 pommes le regarde évoluer. Elle se souviendra peut-être de la démolition du site de la marine. Elle pourra raconter le quartier avant l’arrivée du tramway. La place Aragon, la nouvelle poste, et l'école Buffon …

 

Mum Troll

Par Mum'Troll - Publié dans : Les rues de Colombes
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Commentaires

Vous nous offrez à nous lecteur un jolie cadeau à travers votre témoignage. Merci! J'ai pris grand plaisir à vous lire, et plus particulièrement à apprécier le sens que vous donnez à votre récit, sans tomber dans le nostalgisme. Le futur du Petit-Colombes et du boulevard ne se feront pas sans prendre en compte les inerties propres à ce territoire. Le bon comme le mauvais doivent permettre de puiser, ou justement pas, les ressources endormies pour que le Petit-Colombes du futur soit un lieu de Vie. Bien cordialement Alexandre
Commentaire n°1 posté par Alexandre le 30/09/2008 à 11h28
Très instructif voyage dans l'espace et dans le temps...Merci . J'en profite pour dire que je languis dans l'attente d'autres billets relatifs aux rues de Colombes ;-)
Commentaire n°2 posté par Piaf2Colombes le 30/09/2008 à 12h56
Bonjour,
je suis entrain de faire un site sur les 80 rue des côte d'auty et je recherche toutes infos témoignage photos de cette partie,histoire, de colombes.

Voir monsite web .
Commentaire n°3 posté par mabar le 23/01/2010 à 09h18
super le parcourt moi habitais dans la marine et allé a BUFFON avec des maitres tel que SEGUIN,BARNAVE,LAFITTE merci a eux pour leurs patience et leurs devouments pleins de souvenirs d'enfance avec le SUMA surpermarché Bl charles de gaulle la fameuse cité des cotes d'auty avec l'epicerie de la rue ou j'etais amoureux de farida ...truc de mome de 11 ans de 1973 a 1980 que de ballades a la defense au salon de l'enfance avec ce camion qui me faciné par les orgues de barbari et cet odeur du RER ..oui aussi les petits vieux de nanterre avec nenesse"ta pas un clop"je suis retourné un 2010 la rue pierre expert plus de maison la cité marine disparue le boulevard meconaissable a si le marché pas changer.....mais bon je prefere cherbourg
Commentaire n°4 posté par BERTIN le 31/01/2011 à 19h49
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